dimanche 30 novembre 2008

Encore à toi

La marche à l'amour
Gaston Miron

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

mardi 18 novembre 2008

Blue

Prières
A LA NATURE


Nature qui ne fais aucune différence entre les êtres et pour qui le jour et la nuit sont équivalents.

Fais en sorte que je considère les hommes comme des insectes, les insectes comme des hommes et le Tout ensemble comme un Rien.

Délivre-moi du mal, c’est-à-dire de la croyance que quelque chose soit à éviter et par conséquent de la peur et du scrupule; délivre­-moi du bien, c’est-à-dire de la croyance que quelque chose puisse être désiré, et par conséquent de l’envie, de la jalousie, de la cupidité et de l’orgueil.

Donne-moi la liberté du vent.

Jean Grenier

samedi 15 novembre 2008

Funeral Blues














Blue (avril 1997-13 novembre 2008)


Auteur : Wystan Hugh Auden (1907-1973),

"Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
Empêchez le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne;
Faire taire les pianos et sans roulement de tambour,
sortir le cercueil avant la fin du jour
Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots:Il est mort
Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste
Mon midi, mon minuit; ma parole, ma chanson
Je croyais que l'amour jamais ne finirait,
j'avais tort
Que les étoiles se retirent,qu'on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz l'océan, arrachez la forêt
Car rien de bon ne peut advenir désormais "

Funeral Blues
Wystan Hugh Auden

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.