jeudi 26 novembre 2009
Surprise
Plus que quelques lignes à ajouter au deuxième roman, commencé avant même de savoir que le premier serait publié. Et déjà j'apprends que ce premier est en nomination pour le Grand prix de la relève littéraire Archambault. Eh ben...
jeudi 5 novembre 2009
Ma gueule
Dans le parc, l'assemblée habituelle des promeneurs de chiens, des joggeurs, des retraités qui prennent leur marche de santé, des mamans en cardio-poussettes. Ceux-là, je les connais, je les vois tous les jours quand il fait beau, nous nous saluons même parfois.
Mais ce type, seul assis à la table de pique-nique, fumant sa cigarette devant le fleuve qui lance mille flèches de lumière vive sous un soleil presque émouvant pour novembre, avec son manteau des Canadiens usé et sale, ses cheveux gris, longs, huileux, pourquoi se met-il à chanter, à l'instant où il m'aperçoit: "On est toujours tout seul, on finit toujours avec sa gueule"?
Mais ce type, seul assis à la table de pique-nique, fumant sa cigarette devant le fleuve qui lance mille flèches de lumière vive sous un soleil presque émouvant pour novembre, avec son manteau des Canadiens usé et sale, ses cheveux gris, longs, huileux, pourquoi se met-il à chanter, à l'instant où il m'aperçoit: "On est toujours tout seul, on finit toujours avec sa gueule"?
mardi 3 novembre 2009
Bruno
L'espace de trente mètres de chute, avant le contact mortel du sol, Bruno était dans l'oeil de Dieu. Était-il prêt?
lundi 29 juin 2009
Fairwell Michael
mardi 26 mai 2009
jeudi 14 mai 2009
Pluie
Il tombe des torrents du ciel.
Le fleuve est démonté par des milliers de moutons blancs le chevauchant.
"Il y a le vent qui, soufflant", camoufle le bruit des autos!
Des dizaines d'oiseaux sont en quête des vers charnus remontés à la surface de la terre.
Pas âme (humaine) qui vive.
Les chiennes courent libres.
La sainte paix.
Mon imperméable n'a plus d'imperméable que le nom.
Le fleuve est démonté par des milliers de moutons blancs le chevauchant.
"Il y a le vent qui, soufflant", camoufle le bruit des autos!
Des dizaines d'oiseaux sont en quête des vers charnus remontés à la surface de la terre.
Pas âme (humaine) qui vive.
Les chiennes courent libres.
La sainte paix.
Mon imperméable n'a plus d'imperméable que le nom.
mercredi 6 mai 2009
La loutre
Elle est toujours là. Kayla lui a fait peur et elle a plongé. Puis, elle a nagé directement vers nous avec un air menaçant. Je la dérange. Je suis chez elle.
Je me suis éloignée. On n'entre pas chez les gens quand on n'y est pas invité. Je ferai attention la prochaine fois.
Je me suis éloignée. On n'entre pas chez les gens quand on n'y est pas invité. Je ferai attention la prochaine fois.
Mythologie
L'histoire que je vais vous raconter est réelle. Vu son caractère universel et humain, il aurait pu s'agir d'un mythe grec, ou d'un drame shakespearien. Voyons-la pour le moment comme une mythologie amérindienne. Qui aurait due être racontée par un Serge Bouchard ou quelqu'un de sa trempe, mais ce sera moi qui le fera.
Certains éléments de l'histoire m'échappent. Je sais que deux amoureux ont fondé une famille, dans une vallée isolée bordée de pics montagneux. Ils s'appellent Cherokee et Dakota. Ils élèvent leurs enfants de leur mieux, mais les temps sont durs et les hivers rigoureux. Et cette année-là, l'hiver s'étire dans la vallée. La nourriture se fait rare. Dakota consent à abandonner les enfants quelques temps au campement pour suivre Cherokee en quête de nourriture de plus en plus lointaine. Et c'est là que je suis dans le flou. La chasse tourne mal, je ne sais comment, et Cherokee est séparé de Dakota. Il se perd.
Pendant ce temps, au campement, les enfants sont seuls. Ils font ce que les enfants font généralement: ils jouent, se chamaillent, pleurent, dorment. Mais surtout, ils ont faim, et pire, ils s'ennuient. Quand une dénommée Cheyenne, chasseuse solitaire, fait son apparition dans la vallée, ils l'accueillent sans question. La présence adulte les rassure. Et Cheyenne, seule depuis trop longtemps, tente de son mieux de se faire accepter.
Mais Dakota est sur le chemin du retour. Bien qu'elle soit séparée de Cherokee, elle ne veut pas laisser ses enfants seuls trop longtemps et se hâte vers le campement en espérant trouver quelque nourriture en route. En vain. Elle arrive au campement affaiblie. Mais Cheyenne est là. Et elle était trop heureuse d'avoir pu trouver un campement et une nouvelle famille. Alors elle n'entend pas se faire déloger. Dakota se fâche, le ton monte, et la bagarre éclate. Bien sûr Dakota est rapidement blessée vu son état d'inanition. Elle court se réfugier dans la forêt et on n'entend plus parler d'elle.
Les enfants sont déstabilisés, ils se rebellent contre la nouvelle venue. Mais ils sont trop jeunes et Cheyenne n'a aucune difficulté à les convaincre qu'elle est leur nouvelle mère.
C'était pourtant sans compter sur Cherokee, qui après une longue route dans la montagne, est de retour. Les enfants lui font la fête, profondément heureux de retrouver leur papa. Mais ils ne parlent pas de Dakota, enfuie, ni de l'usurpatrice.
Cheyenne non plus ne souffle pas mot de Dakota. Elle se présente comme une chasseuse solitaire qui cherche un peu de compagnie. Cherokee la tolère.
La neige fond, la nature revit doucement. Les chasses rapprochées de Cherokee portent fruit et il parvient à nourrir sa famille convenablement. Mais Dakota lui manque et il ne comprend pas pourquoi elle n'est toujours pas rentrée.
Cheyenne quant à elle, tente toujours d'établir son autorité sur les enfants. Mais ceux-ci, raffermis par la présence de leur père, ne la laissent plus faire. Et Cherokee non plus d'ailleurs. Il intervient dès qu'il se trouve témoin d'un geste déplacé de Cheyenne envers ses enfants. Que d'ailleurs il nourrit en priorité après ses chasses, ne laissant que des restants de table pour Cheyenne. Voyant qu'elle ne serait jamais acceptée à part entière dans cette famille, Cheyenne décide de reprendre la route, en quête d'un lieu meilleur pour elle.
Dès le départ de Cheyenne, Dakota réapparaît. Incapable d'abandonner ses enfants, elle rôdait autour, craintive de revenir de peur que Cherokee lui préfère Cheyenne. Mais celui-ci ne se peut plus de bonheur à sa vue. Et les enfants aussi! Et leur joie est telle que Cherokee et Dakota font, non pas un, mais trois autres enfants. Dont les plus vieux aideront à s'occuper maintenant pendant les chasses des parents.
De cette histoire qui finit bien, je peux dire maintenant que les noms sont réels. Mais si vous ne l'aviez toujours pas deviné, sachez maintenant que les protagonistes sont des loups. Tous réels. Vivant dans la vallée de la Yellowstone. Bien sûr, j'ai modifié quelques mots de vocabulaire (le campement est une tanière, les restes de table sont des restes de carcasse!). Mais outre ça, tout est vrai.
Je voulais raconter cette histoire de cette manière volontairement. Les conclusions, à vous de les tirer!
Certains éléments de l'histoire m'échappent. Je sais que deux amoureux ont fondé une famille, dans une vallée isolée bordée de pics montagneux. Ils s'appellent Cherokee et Dakota. Ils élèvent leurs enfants de leur mieux, mais les temps sont durs et les hivers rigoureux. Et cette année-là, l'hiver s'étire dans la vallée. La nourriture se fait rare. Dakota consent à abandonner les enfants quelques temps au campement pour suivre Cherokee en quête de nourriture de plus en plus lointaine. Et c'est là que je suis dans le flou. La chasse tourne mal, je ne sais comment, et Cherokee est séparé de Dakota. Il se perd.
Pendant ce temps, au campement, les enfants sont seuls. Ils font ce que les enfants font généralement: ils jouent, se chamaillent, pleurent, dorment. Mais surtout, ils ont faim, et pire, ils s'ennuient. Quand une dénommée Cheyenne, chasseuse solitaire, fait son apparition dans la vallée, ils l'accueillent sans question. La présence adulte les rassure. Et Cheyenne, seule depuis trop longtemps, tente de son mieux de se faire accepter.
Mais Dakota est sur le chemin du retour. Bien qu'elle soit séparée de Cherokee, elle ne veut pas laisser ses enfants seuls trop longtemps et se hâte vers le campement en espérant trouver quelque nourriture en route. En vain. Elle arrive au campement affaiblie. Mais Cheyenne est là. Et elle était trop heureuse d'avoir pu trouver un campement et une nouvelle famille. Alors elle n'entend pas se faire déloger. Dakota se fâche, le ton monte, et la bagarre éclate. Bien sûr Dakota est rapidement blessée vu son état d'inanition. Elle court se réfugier dans la forêt et on n'entend plus parler d'elle.
Les enfants sont déstabilisés, ils se rebellent contre la nouvelle venue. Mais ils sont trop jeunes et Cheyenne n'a aucune difficulté à les convaincre qu'elle est leur nouvelle mère.
C'était pourtant sans compter sur Cherokee, qui après une longue route dans la montagne, est de retour. Les enfants lui font la fête, profondément heureux de retrouver leur papa. Mais ils ne parlent pas de Dakota, enfuie, ni de l'usurpatrice.
Cheyenne non plus ne souffle pas mot de Dakota. Elle se présente comme une chasseuse solitaire qui cherche un peu de compagnie. Cherokee la tolère.
La neige fond, la nature revit doucement. Les chasses rapprochées de Cherokee portent fruit et il parvient à nourrir sa famille convenablement. Mais Dakota lui manque et il ne comprend pas pourquoi elle n'est toujours pas rentrée.
Cheyenne quant à elle, tente toujours d'établir son autorité sur les enfants. Mais ceux-ci, raffermis par la présence de leur père, ne la laissent plus faire. Et Cherokee non plus d'ailleurs. Il intervient dès qu'il se trouve témoin d'un geste déplacé de Cheyenne envers ses enfants. Que d'ailleurs il nourrit en priorité après ses chasses, ne laissant que des restants de table pour Cheyenne. Voyant qu'elle ne serait jamais acceptée à part entière dans cette famille, Cheyenne décide de reprendre la route, en quête d'un lieu meilleur pour elle.
Dès le départ de Cheyenne, Dakota réapparaît. Incapable d'abandonner ses enfants, elle rôdait autour, craintive de revenir de peur que Cherokee lui préfère Cheyenne. Mais celui-ci ne se peut plus de bonheur à sa vue. Et les enfants aussi! Et leur joie est telle que Cherokee et Dakota font, non pas un, mais trois autres enfants. Dont les plus vieux aideront à s'occuper maintenant pendant les chasses des parents.
De cette histoire qui finit bien, je peux dire maintenant que les noms sont réels. Mais si vous ne l'aviez toujours pas deviné, sachez maintenant que les protagonistes sont des loups. Tous réels. Vivant dans la vallée de la Yellowstone. Bien sûr, j'ai modifié quelques mots de vocabulaire (le campement est une tanière, les restes de table sont des restes de carcasse!). Mais outre ça, tout est vrai.
Je voulais raconter cette histoire de cette manière volontairement. Les conclusions, à vous de les tirer!
mercredi 29 avril 2009
ou la mort éternelle
Normallement, les gens croient soit qu'il n'y a rien du tout après la mort, le néant, soit qu'ils accéderont à une certaine forme de paradis ou peut-être de réincarnation. Mais imaginez ceci: notre vie est tout ce que nous avons, et nous serons dans le temps contenu entre notre naissance et notre mort pour l'éternité. Considérant cela, vivriez-vous différemment aujourd'hui?
Votre vie éternelle serait-elle un paradis ou un enfer?
Votre vie éternelle serait-elle un paradis ou un enfer?
Théorie du Big Bang ou pourquoi il ne faut pas parler des morts au passé
Contrairement à la compréhension populaire de la théorie du Big Bang, la création de l'univers n'a pas eu lieu par la gigantesque explosion que l'on imagine. À l'origine, il n'y avait ni temps, ni espace, et tout était en même temps au même lieu. Notre univers n'existait pas. Puis, il a existé. La matière a occupé l'espace, du centre jusqu'à son extrémité, partout en même temps (et ensuite, par des principes physiques connus, la matière s'est assemblée pour former étoiles et planètes, mais c'est une autre histoire). Et puisqu'il le point A n'était maintenant plus au même endroit que le point B, cette occupation de l'espace a aussi créé le temps. Le temps qu'il faut pour se rendre d'un point à l'autre, alors que l'instant d'avant, le concept même de se déplacer d'un point à l'autre était totalement incongru!
Mais outre le déplacement, qu'est-ce que le temps? Ce n'est rien. Tout le temps existe, du début à la fin, simultanément. Le temps n'est que notre perception de ce concept. Par notre champs de vision limité, nous ne pouvons observer l'univers qui nous entoure que par une fenêtre. Cette fenêtre se déplace sur tout ce qui est déjà. C'est ce déplacement que nous interprétons comme le temps. Mais tout est là, maintenant, le passé, le présent, le futur. Il ne faut pas en déduire que notre destin est déjà dessiné, comme le prétendent certains horoscopes ou autres devins illuminés. Nous ne sommes que des particules quantiques et chaotiques dans cet univers absolu et total.
Alors tout ce qui a été est encore. Nos morts sont toujours vivants, dans leur espace-temps bien à eux. Le malheur est que notre fenêtre continue d'avancer, alors que la leur s'est arrêtée. Mais ils sont bel et bien là, dans l'univers absolu et total!
Mais outre le déplacement, qu'est-ce que le temps? Ce n'est rien. Tout le temps existe, du début à la fin, simultanément. Le temps n'est que notre perception de ce concept. Par notre champs de vision limité, nous ne pouvons observer l'univers qui nous entoure que par une fenêtre. Cette fenêtre se déplace sur tout ce qui est déjà. C'est ce déplacement que nous interprétons comme le temps. Mais tout est là, maintenant, le passé, le présent, le futur. Il ne faut pas en déduire que notre destin est déjà dessiné, comme le prétendent certains horoscopes ou autres devins illuminés. Nous ne sommes que des particules quantiques et chaotiques dans cet univers absolu et total.
Alors tout ce qui a été est encore. Nos morts sont toujours vivants, dans leur espace-temps bien à eux. Le malheur est que notre fenêtre continue d'avancer, alors que la leur s'est arrêtée. Mais ils sont bel et bien là, dans l'univers absolu et total!
mercredi 22 avril 2009
Les renards et la loutre
Il y a longtemps que je les ai vus. Le mercure marquait -27 degrés. C'est le moment de l'année où le parc se vide de tous ses promeneurs, même les plus braves. Et c'est aussi ce moment que je préfère. Le parc nous appartient, à mes deux chiennes restantes, et à moi. Le vent qui souffle rend la respiration pénible et l'humidité de l'air givre les cils. Même le fleuve semble geindre et ses eaux libres de glaces à cause du courant se condensent en petits cristaux sur sa surface et dans les airs. Les chiennes courent dans toutes les directions, reniflent la présence de petits animaux, mais ne les voient pas eux. Ils sont sur le sentier. L'un d'entre eux m'observe. Les deux autres batifolent sur la neige derrière lui. Leurs queues grises argentées tracent des éclairs dans la lumière des lampadaires. Mes chiennes sont plus bas, près du fleuve, s'aventurant sur la courte banquise. Puis, les trois renards disparaissent en un clin d'oeil dans les buissons. Je les reverrai plusieurs soirs encore, puis, plus du tout.
La banquise a fondu. Les eaux ont monté. J'espère que la tanière des renards dans les rochers n'est pas innondée. Kayla repère quelque chose dans les crevasses. Je la laisse explorer. Ces brèves stimulations la sortent trop rarement de la mélancolie qui lui est tombée dessus, comme à moi, cette journée de novembre. Alors elle sent l'odeur d'une bête toute proche et se faufile le corps dans les interstices du rocher. Je ne la vois plus qu'à moitié quand soudain j'entends un gros plouf. La bête est dans l'eau, mais ce n'est ni un petit rat musqué, ni même un renard. C'est une loutre qui nage vers le milieu du fleuve pour fuir l'inquisition insistante de Kayla. Une loutre! Je rappelle les chiennes pour lui laisser la paix et marche vers la maison. Au coin de Notre-Dame, j'attends que deux-trois poids lourds et un autobus de ville passent avant de traverser.
J'habite Montréal, P.Q.
La banquise a fondu. Les eaux ont monté. J'espère que la tanière des renards dans les rochers n'est pas innondée. Kayla repère quelque chose dans les crevasses. Je la laisse explorer. Ces brèves stimulations la sortent trop rarement de la mélancolie qui lui est tombée dessus, comme à moi, cette journée de novembre. Alors elle sent l'odeur d'une bête toute proche et se faufile le corps dans les interstices du rocher. Je ne la vois plus qu'à moitié quand soudain j'entends un gros plouf. La bête est dans l'eau, mais ce n'est ni un petit rat musqué, ni même un renard. C'est une loutre qui nage vers le milieu du fleuve pour fuir l'inquisition insistante de Kayla. Une loutre! Je rappelle les chiennes pour lui laisser la paix et marche vers la maison. Au coin de Notre-Dame, j'attends que deux-trois poids lourds et un autobus de ville passent avant de traverser.
J'habite Montréal, P.Q.
mercredi 15 avril 2009
Je voudrais que les chiens ne meurent pas
"Tel est ton nom mémoire à l'heure de la mort cet
oubli léger qui n'emporte que l'autre
Et nous restons encore agrandis d'une absence et
nous marchons il le faut bien"
Jacques Brault, Mémoire
Et ce vide qui nous aspire à l'intérieur à chaque nouvelle mort, au début l'époux, ensuite le chien Kiwi, et cette fois cet homme qui louait notre maison d'enfance dont il faudra maintenant se départir. Si au moins le fils pouvait s'en charger mais non il travaille dans cette autre ville où nous n'allons plus à 87 ans la route est dure. Mais cette maison c'était celle du temps où le père parlait encore italien et les terres s'étendaient de Pierre-Bernard à Des Ormaux. C'était chez nous et la petite chèvre qui suivait la petite fille partout, même dans la maison, par qui l'amour des animaux est venu. Mais Kiwi est mort à 13 ans et un autre chien est venu prendre sa place, ce chihuahua payé trop cher que l'on continue d'appeler Kiwi en pleurant. Le chihuahua s'appelera maintenant Kiwi et plus personne ne pleurera. Sauf peut-être devant cette femme inconnue qui marche dans la rue avec ses deux chiens mais qui ne voit plus que l'absence du troisième à qui l'on racontera Kiwi le second et la peur de mourir pour ne pas le laisser seul, on ne peut pas laisser ces pauvres bêtes à n'importe qui, il ne faut pas aimer les gens qui n'aiment pas les animaux, c'est bête, il ne le faut pas. À cette femme inconnue raconter ce vide trop grand qui nous aspire et le désir qui monte, le seul qui reste, celui de se jeter devant le métro. Mais elle qui répond: "Ne dites pas ça Madame, ça fait de la peine" Alors rattraper les larmes déjà à l'orée des yeux et rentrer chez soi.
oubli léger qui n'emporte que l'autre
Et nous restons encore agrandis d'une absence et
nous marchons il le faut bien"
Jacques Brault, Mémoire
Et ce vide qui nous aspire à l'intérieur à chaque nouvelle mort, au début l'époux, ensuite le chien Kiwi, et cette fois cet homme qui louait notre maison d'enfance dont il faudra maintenant se départir. Si au moins le fils pouvait s'en charger mais non il travaille dans cette autre ville où nous n'allons plus à 87 ans la route est dure. Mais cette maison c'était celle du temps où le père parlait encore italien et les terres s'étendaient de Pierre-Bernard à Des Ormaux. C'était chez nous et la petite chèvre qui suivait la petite fille partout, même dans la maison, par qui l'amour des animaux est venu. Mais Kiwi est mort à 13 ans et un autre chien est venu prendre sa place, ce chihuahua payé trop cher que l'on continue d'appeler Kiwi en pleurant. Le chihuahua s'appelera maintenant Kiwi et plus personne ne pleurera. Sauf peut-être devant cette femme inconnue qui marche dans la rue avec ses deux chiens mais qui ne voit plus que l'absence du troisième à qui l'on racontera Kiwi le second et la peur de mourir pour ne pas le laisser seul, on ne peut pas laisser ces pauvres bêtes à n'importe qui, il ne faut pas aimer les gens qui n'aiment pas les animaux, c'est bête, il ne le faut pas. À cette femme inconnue raconter ce vide trop grand qui nous aspire et le désir qui monte, le seul qui reste, celui de se jeter devant le métro. Mais elle qui répond: "Ne dites pas ça Madame, ça fait de la peine" Alors rattraper les larmes déjà à l'orée des yeux et rentrer chez soi.
jeudi 29 janvier 2009
Le soleil se lève sur l'autobus
Et je me rends compte depuis quelques jours que ne pas souffrir pour quelque chose signifie ne pas lui accorder d'importance.
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