mercredi 6 mai 2009

Mythologie

L'histoire que je vais vous raconter est réelle. Vu son caractère universel et humain, il aurait pu s'agir d'un mythe grec, ou d'un drame shakespearien. Voyons-la pour le moment comme une mythologie amérindienne. Qui aurait due être racontée par un Serge Bouchard ou quelqu'un de sa trempe, mais ce sera moi qui le fera.

Certains éléments de l'histoire m'échappent. Je sais que deux amoureux ont fondé une famille, dans une vallée isolée bordée de pics montagneux. Ils s'appellent Cherokee et Dakota. Ils élèvent leurs enfants de leur mieux, mais les temps sont durs et les hivers rigoureux. Et cette année-là, l'hiver s'étire dans la vallée. La nourriture se fait rare. Dakota consent à abandonner les enfants quelques temps au campement pour suivre Cherokee en quête de nourriture de plus en plus lointaine. Et c'est là que je suis dans le flou. La chasse tourne mal, je ne sais comment, et Cherokee est séparé de Dakota. Il se perd.

Pendant ce temps, au campement, les enfants sont seuls. Ils font ce que les enfants font généralement: ils jouent, se chamaillent, pleurent, dorment. Mais surtout, ils ont faim, et pire, ils s'ennuient. Quand une dénommée Cheyenne, chasseuse solitaire, fait son apparition dans la vallée, ils l'accueillent sans question. La présence adulte les rassure. Et Cheyenne, seule depuis trop longtemps, tente de son mieux de se faire accepter.

Mais Dakota est sur le chemin du retour. Bien qu'elle soit séparée de Cherokee, elle ne veut pas laisser ses enfants seuls trop longtemps et se hâte vers le campement en espérant trouver quelque nourriture en route. En vain. Elle arrive au campement affaiblie. Mais Cheyenne est là. Et elle était trop heureuse d'avoir pu trouver un campement et une nouvelle famille. Alors elle n'entend pas se faire déloger. Dakota se fâche, le ton monte, et la bagarre éclate. Bien sûr Dakota est rapidement blessée vu son état d'inanition. Elle court se réfugier dans la forêt et on n'entend plus parler d'elle.

Les enfants sont déstabilisés, ils se rebellent contre la nouvelle venue. Mais ils sont trop jeunes et Cheyenne n'a aucune difficulté à les convaincre qu'elle est leur nouvelle mère.

C'était pourtant sans compter sur Cherokee, qui après une longue route dans la montagne, est de retour. Les enfants lui font la fête, profondément heureux de retrouver leur papa. Mais ils ne parlent pas de Dakota, enfuie, ni de l'usurpatrice.

Cheyenne non plus ne souffle pas mot de Dakota. Elle se présente comme une chasseuse solitaire qui cherche un peu de compagnie. Cherokee la tolère.

La neige fond, la nature revit doucement. Les chasses rapprochées de Cherokee portent fruit et il parvient à nourrir sa famille convenablement. Mais Dakota lui manque et il ne comprend pas pourquoi elle n'est toujours pas rentrée.

Cheyenne quant à elle, tente toujours d'établir son autorité sur les enfants. Mais ceux-ci, raffermis par la présence de leur père, ne la laissent plus faire. Et Cherokee non plus d'ailleurs. Il intervient dès qu'il se trouve témoin d'un geste déplacé de Cheyenne envers ses enfants. Que d'ailleurs il nourrit en priorité après ses chasses, ne laissant que des restants de table pour Cheyenne. Voyant qu'elle ne serait jamais acceptée à part entière dans cette famille, Cheyenne décide de reprendre la route, en quête d'un lieu meilleur pour elle.

Dès le départ de Cheyenne, Dakota réapparaît. Incapable d'abandonner ses enfants, elle rôdait autour, craintive de revenir de peur que Cherokee lui préfère Cheyenne. Mais celui-ci ne se peut plus de bonheur à sa vue. Et les enfants aussi! Et leur joie est telle que Cherokee et Dakota font, non pas un, mais trois autres enfants. Dont les plus vieux aideront à s'occuper maintenant pendant les chasses des parents.

De cette histoire qui finit bien, je peux dire maintenant que les noms sont réels. Mais si vous ne l'aviez toujours pas deviné, sachez maintenant que les protagonistes sont des loups. Tous réels. Vivant dans la vallée de la Yellowstone. Bien sûr, j'ai modifié quelques mots de vocabulaire (le campement est une tanière, les restes de table sont des restes de carcasse!). Mais outre ça, tout est vrai.

Je voulais raconter cette histoire de cette manière volontairement. Les conclusions, à vous de les tirer!

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