"Tel est ton nom mémoire à l'heure de la mort cet
oubli léger qui n'emporte que l'autre
Et nous restons encore agrandis d'une absence et
nous marchons il le faut bien"
Jacques Brault, Mémoire
Et ce vide qui nous aspire à l'intérieur à chaque nouvelle mort, au début l'époux, ensuite le chien Kiwi, et cette fois cet homme qui louait notre maison d'enfance dont il faudra maintenant se départir. Si au moins le fils pouvait s'en charger mais non il travaille dans cette autre ville où nous n'allons plus à 87 ans la route est dure. Mais cette maison c'était celle du temps où le père parlait encore italien et les terres s'étendaient de Pierre-Bernard à Des Ormaux. C'était chez nous et la petite chèvre qui suivait la petite fille partout, même dans la maison, par qui l'amour des animaux est venu. Mais Kiwi est mort à 13 ans et un autre chien est venu prendre sa place, ce chihuahua payé trop cher que l'on continue d'appeler Kiwi en pleurant. Le chihuahua s'appelera maintenant Kiwi et plus personne ne pleurera. Sauf peut-être devant cette femme inconnue qui marche dans la rue avec ses deux chiens mais qui ne voit plus que l'absence du troisième à qui l'on racontera Kiwi le second et la peur de mourir pour ne pas le laisser seul, on ne peut pas laisser ces pauvres bêtes à n'importe qui, il ne faut pas aimer les gens qui n'aiment pas les animaux, c'est bête, il ne le faut pas. À cette femme inconnue raconter ce vide trop grand qui nous aspire et le désir qui monte, le seul qui reste, celui de se jeter devant le métro. Mais elle qui répond: "Ne dites pas ça Madame, ça fait de la peine" Alors rattraper les larmes déjà à l'orée des yeux et rentrer chez soi.
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