Je pleure mon chien. C'est vrai. Mais je ne pleure pas mon pauvre petit moi. En réalité, si à cette seconde même où j'écris ces mots, le monde dégoulinait de bonheur, si aucun animal ne perdait la raison dans ces usines à viande où on le considère comme une bio-mécanique sans souffrance au service de l'homme, animal supérieur, si aucun enfant ne perdait son innocence dans ces usines à bébelles où on le considère comme un outil au service de l'occidental, l'homme supérieur, si aucun soldat n'explosait sur une bombe, si aucune âme n'était seule à en pleurer, si personne n'haïssait, ne méprisait, ne se vouait au malheur d'autrui, si chacun choisissait l'amour et que l'amour, et bien oui je pleurerais mon chien encore, mais je pleurerais mon chien légèrement, seule, contente de la vie qu'il a menée, triste de l'avoir perdu, juste triste de l'avoir perdu.
Mais le monde haït.
Et j'ai perdu Blue, mon rempart contre les outrages du monde.
J'ai été impuissante à rendre mon chien immortel.
Blue, pardonne-moi de t'avoir brusqué parfois, de ne pas avoir vu que tu vieillissais si certainement. Pardonne-moi de ne pas avoir su t'épargner la mort, ce scandale.
Je vois aujourd'hui la mort dans chacun des êtres qui m'entourent et que j'aime.
Existe-t-il une délivrance?
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